Notre première croisière en Méditerranée : la nostalgie du Costa neoRiviera

Notre première croisière en Méditerranée : la nostalgie du Costa neoRiviera

En juillet 2015, nous avons embarqué pour notre toute première croisière à bord du Costa neoRiviera, un navire de la gamme neoCollection de Costa. Nous étions quatre : moi, Pascal, mon épouse Stéphanie, et nos deux enfants, Loris et Mélina. Onze jours au fil des îles de la Méditerranée, de La Seyne-sur-Mer à Savone, en passant par la Corse, la Sardaigne, la Sicile, Malte, la côte amalfitaine, Capri et l'Île d'Elbe.

Ce récit, c'est aussi une forme de nostalgie. Le neoRiviera, comme les autres navires de la gamme neoCollection, n'existe plus sous cette forme aujourd'hui. Ces « petits bateaux » à taille humaine, avec leur ambiance intimiste et leur sélection d'escales soignée, ont laissé place à des mastodontes où l'on se perd. Si vous avez connu cette époque, vous comprendrez. Si vous ne l'avez pas connue, ce récit vous donnera peut-être envie de chercher les derniers navires qui cultivent encore cet esprit.

Jour 1 : l'embarquement à La Seyne-sur-Mer

Tout commence sur le quai de La Seyne-sur-Mer, dans la rade de Toulon. Nous sommes excités, évidemment. Mais aussi inquiets. C'est notre première croisière. Comment les enfants vont-ils vivre ça ? Est-ce que c'est vraiment fait pour nous ? Et puis on arrive devant le bateau, et les doutes s'envolent. C'est un peu comme un rêve.

Le Costa neoRiviera à quai au port de La Seyne-sur-Mer
Notre première rencontre avec le Costa neoRiviera, à La Seyne-sur-Mer.

On est tout de même un peu perdus face aux procédures d'embarquement. Où déposer les valises ? Où aller ensuite ? On suit le mouvement, on se laisse guider, et finalement on se retrouve à bord, un cocktail à la main, à regarder le quai s'éloigner. (Si vous voulez éviter cette confusion, lisez notre guide de l'embarquement heure par heure.)

La famille devant la proue du Costa Riviera
Premiers pas sur le quai, devant la proue du neoRiviera.
La terrasse du restaurant avec ses chaises colorées et vue sur la côte
La terrasse aux chaises colorées : l'ambiance des petits bateaux.

Jour 2 : Propriano, la Corse en terrain connu

Première escale : Propriano, en Corse. On connaît bien l'île, on y va souvent l'été. On est en terrain connu, dans notre zone de confort. C'est rassurant pour une première.

Le bateau part tard ce soir-là — c'est l'avantage de ces itinéraires en sauts de puce d'île en île : pas de stress pour le « tous à bord ». On découvre aussi le programme du lendemain, posé sur notre lit à notre retour. En fait, on découvre tout : le fonctionnement, les rituels, les horaires. Et ce qu'on voit nous plaît beaucoup.

Plage de Corse près de Propriano avec ses rochers et son eau turquoise
Les eaux cristallines de la Corse, notre zone de confort.

Le soir, on mange au restaurant. La nourriture et le service sont exceptionnels. Mais déjà, on remarque que des passagers manquent à l'appel : ils ont choisi le buffet. C'est leur choix. Nous, on a décidé de profiter du restaurant chaque soir.

Jour 3 : Olbia, « croisière oui, mais à notre façon »

Ça y est, on rentre dans notre mode : croisière oui, mais à notre façon. On part à l'aventure vers une plage un peu éloignée avec les transports en commun. Pour les enfants qui se sont endormis en Corse et se réveillent là où on parle italien, c'est un peu la surprise.

Vue panoramique sur la côte sarde près d'Olbia
La côte sarde vue depuis les hauteurs : l'aventure commence.

Pour l'instant, on reste peu sur le bateau. On profite à fond de nos escales. Et le soir, on ne manque pas le rendez-vous du spectacle avec notre cocktail, avant d'aller dîner au restaurant. Le rituel s'installe.

Jour 4 : Trapani et Erice, le premier coup de cœur

Escale à Trapani, en Sicile. Le bas de la ville n'a que peu d'intérêt — c'est même un peu sale et mal famé. Mais on prend le téléphérique pour monter dans la ville haute, et là, c'est le premier coup de cœur.

Erice est une cité médiévale perchée, magnifique. On a de la chance d'avoir des enfants qui ne se plaignent de rien — ils n'ont jamais soif, jamais faim, jamais chaud, jamais mal aux pieds. On fait la ville de long en large, émerveillés.

Les ruelles médiévales d'Erice avec la tour en arrière-plan
Les ruelles d'Erice : le premier coup de cœur de la croisière.

Le retour au bateau est l'occasion de profiter de la piscine — une seule, à taille humaine — et des jacuzzis. Pas de guerre des transats ici : sur un petit bateau, tout le monde trouve sa place. Jour 4, et on commence déjà à fatiguer. Cocktail, spectacle, dîner, et dodo !

Jour 5 : La Valette, le coup de foudre

C'est le coup de foudre. Le bateau accoste en bas de la ville, un escalier plus tard on est dans l'ambiance, et on tombe amoureux de La Valette. Cette ville, on y retournera plusieurs fois par la suite. On visitera l'île intégralement lors de vacances d'été une autre année.

La ville se prépare à une fête religieuse. Toute la cité se pare de draperies et de décorations. Les habitants sont sur leur 31 : belles robes et chapeaux pour les dames, costumes pour les messieurs. L'ambiance est fantastique.

Les rues de La Valette décorées pour la fête religieuse
La Valette en fête : draperies, décorations et ambiance unique.

Ce qui frappe à Malte, c'est ce mélange de cultures. L'héritage latin dans l'architecture baroque, les traces arabes dans la langue et l'urbanisme, l'empreinte britannique dans les cabines téléphoniques rouges et la conduite à gauche. Une identité unique, forgée par des siècles de passages et d'influences.

On regrette presque d'avoir prévu d'aller voir un petit port typique au nom imprononçable : Marsaxlokk. Mais là aussi, on n'est pas déçus. Les bateaux dans le petit port étincellent de couleurs — les fameux luzzus maltais, avec leurs yeux peints sur la proue.

Un luzzu coloré dans le port de Marsaxlokk
Les luzzus de Marsaxlokk : des bateaux qui étincellent de couleurs.

On se dit qu'il faudra revenir. Et on le fera.

Jour 6 : Salerne et la côte amalfitaine

Escale à Salerne. On fait le choix de prendre un train — on est décidément inconscients de s'éloigner comme ça du port avec des transports en commun — pour aller à Vietri sul Mare, sur la côte amalfitaine.

Un peu déçus à l'arrivée : ce ne sont que des plages privées. Pas un endroit pour poser une serviette. On y arrivera malgré tout en suivant des locaux qui connaissent les bons plans.

Plage de la côte amalfitaine avec les montagnes en arrière-plan
La côte amalfitaine : le bon plan trouvé grâce aux locaux.

On va ensuite manger au resto où on déguste des spécialités locales pour pas grand-chose. Et puis on rentre au bateau profiter des installations et se faire beaux pour la soirée.

Jours 7-8 : Capri, entre frayeur et émerveillement

Bien que notre bateau soit de taille modeste, c'est en canot qu'on rejoindra le port de Capri. Tout est géré parfaitement. Le bateau est petit, nous restons deux jours ici, donc pas de cohue pour descendre.

Arrivés au port, on prend un minibus local pour monter sur les hauteurs de l'île. Je n'ai jamais autant eu peur de ma vie sur la route. Routes étroites, tunnels ajustés à la taille du minibus, ravins, virages en épingle, et des chauffeurs qui roulent à des vitesses au-delà du raisonnable. Ils se croisent par miracle, avec l'espace d'une main entre les deux véhicules, et sans ralentir.

Le port de Capri à l'arrivée, avec les hauteurs de l'île
L'arrivée à Capri : les hauteurs vertigineuses nous attendent.

En descendant du minibus, je vois les stigmates sur les carrosseries des véhicules, et j'appréhende déjà la redescente. Mais les paysages sont magnifiques. On profite du haut de l'île avant de tenter de trouver une place sur une plage.

Panorama depuis les hauteurs de Capri avec le Neo Riviera au mouillage dans la baie
Depuis les hauteurs de Capri, notre « petit bateau » au mouillage dans la baie.

On restera sur le bateau le second jour pour se reposer un peu. Après une semaine d'escales intenses, on a bien mérité cette pause.

Jour 9 : l'Île d'Elbe et Portoferraio

Escale à Portoferraio, sur l'Île d'Elbe — l'île de l'exil de Napoléon. On visite la ville (ça grimpe, et il fait très chaud), puis la forteresse. Et on retourne profiter de la piscine et des boissons du forfait.

Le port coloré de Portoferraio sur l'Île d'Elbe
Portoferraio : le port coloré de l'Île d'Elbe.

Le rythme ralentit. La fatigue s'accumule. Mais le bateau devient aussi un refuge pour se ressourcer. C'est ça, l'avantage des petits bateaux : on profite vraiment des installations sans la foule.

Jour 10 : Savone, l'escale finale

Dernière escale à Savone. C'est un peu l'escale technique du bateau, puisque c'est le siège de Costa. La ville est intéressante, mais sans commune mesure avec ce qu'on a vu durant toute la semaine.

Les arcades de Savone avec leurs boutiques et leurs passants
Les arcades de Savone : une escale honnête pour conclure.

On fait le bilan. On est ravis de notre première croisière. La taille du bateau, les activités, la sélection des escales : tout était bien. On a trouvé notre rythme, notre façon de voyager. Et on sait déjà qu'on reviendra.

Jour 11 : le retour

Arrivée à Toulon. Une navette nous emmène à La Seyne-sur-Mer récupérer notre voiture. Retour à la maison : fatigués mais riches de souvenirs, et avec l'envie de retourner plus longuement dans certains endroits. (Pour savoir comment se passe ce dernier matin, lisez notre article sur le débarquement.)

La Valette, surtout. On y retournera. Malte deviendra une destination récurrente pour nous.

La nostalgie des petits bateaux

Aujourd'hui, quand je repense à cette croisière, c'est d'abord la taille du bateau qui me revient. Le Costa neoRiviera, c'était environ 1 800 passagers. Une seule piscine. Un seul restaurant principal. Pas de file d'attente interminable pour le petit-déjeuner. Pas besoin de réserver ses activités des semaines à l'avance.

Les navires de la gamme neoCollection — le neoRiviera, le neoRomantica, le neoClassica — avaient été conçus pour une clientèle qui cherchait autre chose : des itinéraires plus intimistes, des escales moins courues, une ambiance plus feutrée. Ils n'existent plus sous cette forme. Costa, comme les autres compagnies, a fait le choix des mastodontes. (Pour comparer les deux compagnies italiennes, lisez notre comparatif MSC vs Costa.)

Je ne juge pas. Ces grands navires ont leurs avantages, et beaucoup de gens y trouvent leur bonheur. Mais pour nous, cette première croisière sur le neoRiviera a posé les bases de ce qu'on recherche : l'équilibre entre le bateau et les escales, la possibilité de profiter des deux sans sacrifier l'un pour l'autre.

Si vous cherchez encore cette ambiance aujourd'hui, regardez du côté des compagnies qui cultivent cet esprit : les navires de taille moyenne, les itinéraires originaux, les escales où le bateau est le seul à quai. Ils existent encore. Il faut juste les chercher un peu.

Nos conseils pour une première croisière en Méditerranée

  • Osez les transports en commun : trains, bus locaux, c'est l'aventure assurée et souvent le meilleur moyen de rencontrer les habitants.
  • Suivez les locaux : pour les plages, les restaurants, les bons plans, ils savent.
  • Gardez le rituel du restaurant : le buffet, c'est pratique, mais le restaurant, c'est l'expérience.
  • Acceptez la fatigue : après une semaine d'escales intenses, une journée de repos sur le bateau n'est pas du temps perdu.
  • Notez les coups de cœur : vous y retournerez. Nous, on l'a fait pour Malte, et on ne le regrette pas.

Pour aller plus loin

Si vous préparez votre première croisière en Méditerranée, ces articles pourront vous aider :