Croisière aux Caraïbes en famille sur le Costa Magica (1/2) : des îles Vierges à la Guadeloupe

Croisière aux Caraïbes en famille sur le Costa Magica (1/2) : des îles Vierges à la Guadeloupe

En février 2019, nous sommes partis à quatre pour deux semaines de croisière aux Caraïbes à bord du Costa Magica, au départ de Pointe-à-Pitre : moi, Pascal, mon épouse Stéphanie, notre fils Loris, 15 ans, et notre fille Mélina, 9 ans.

Ce n'est ni un guide ni un comparatif, mais notre carnet de bord, jour après jour, avec ce qui nous a émerveillés, ce qui nous a déçus, et surtout les rencontres qui ont changé notre regard sur la croisière. Voici la première semaine, des îles Vierges à la Guadeloupe. La deuxième semaine est à lire ici.

Jour 0 : d'Aix-en-Provence à Roissy, la veille du départ

Tout commence à la gare TGV d'Aix-en-Provence, direction l'aéroport Charles-de-Gaulle. Nous arrivons à Paris la veille du vol pour Pointe-à-Pitre, et ce n'est pas un hasard : le vol est réservé indépendamment de la croisière. En cas de retard, personne ne nous attendrait, et on perdrait tout. Une nuit dans un hôtel de la zone aéroportuaire, avec navette, et l'esprit tranquille.

Le quai de la gare TGV d'Aix-en-Provence
Le départ, sur le quai de la gare TGV d'Aix-en-Provence.

Jour 1 : Pointe-à-Pitre et l'embarquement

Première surprise au petit matin : la queue interminable pour la navette de l'hôtel. Il faut se mettre en mode combat pour réussir à monter tous les quatre dans la même. Puis le vol, et l'arrivée en Guadeloupe.

La côte de la Guadeloupe vue du hublot, sous l'aile de l'avion
Premiers aperçus de la Guadeloupe, depuis le hublot.

À l'aéroport, la navette réservée auprès de Costa pour rejoindre le bateau… n'est jamais venue. Nous arrivons finalement au port grâce à la générosité d'un couple et de leur chauffeur, qui nous emmènent avec eux. Dépôt des valises, enregistrement, et à bord pour le premier cocktail. Pour le déroulé de cette journée si particulière, on vous a préparé le guide de l'embarquement heure par heure.

Le pont du Costa Magica illuminé, à quai de nuit à Pointe-à-Pitre
Premier soir à bord, à quai à Pointe-à-Pitre.

Le soir même, le bateau quitte le port, cap au nord-ouest, vers les îles Vierges britanniques.

En mer : une journée pour prendre ses marques

Après deux jours de transports et de navettes, cette journée en mer tombe à pic. On prend le temps de s'installer dans la cabine, puis de prendre nos marques à bord : repérer les ponts, les restaurants, les bars, et le chemin le plus court vers la piscine. Mélina découvre le club enfants, le Squok Club de Costa, et s'y fait vite des copains ; Loris, lui, ne quitte plus la piscine pendant qu'on profite enfin du soleil. Le soir, on se fait beaux pour le premier spectacle au théâtre du bateau, un cocktail à la main. La croisière commence vraiment.

La cheminée jaune du Costa Magica, illuminée
La cheminée du Costa Magica, notre maison pour deux semaines.

Jour 2 : Tortola, et le labyrinthe de granit de Virgin Gorda

Cette croisière, nous l'avions préparée depuis des mois : chaque jour, on sait ce qu'on va faire, aux imprévus près. Au programme du jour, la visite de Virgin Gorda, au départ de Tortola, dans les îles Vierges britanniques.

Lever de soleil sur les collines de Tortola, depuis le bastingage
Lever de soleil sur Tortola, depuis le bateau.

On descend du bateau, et quelques centaines de mètres plus loin, voici le quai des speed boats. Les billets s'achètent sur place, au guichet. À l'arrivée à Virgin Gorda, un bus, inclus dans le prix, nous emmène à la plage choisie : The Baths. Une belle plage entourée d'un empilement de gros rochers de granit ; l'eau s'engouffre entre eux et forme un joli labyrinthe, qu'on parcourt entre grottes, passages étroits et échelles de bois.

Énormes rochers de granit et eau turquoise à The Baths, Virgin Gorda
Les rochers de granit de The Baths, à Virgin Gorda.
Échelle de bois sur le sentier entre les rochers de The Baths
Le sentier entre les rochers, avec ses échelles de bois.

Bilan : une première journée dépaysante.

Jour 3 : Saint-Martin, loin de l'image de carte postale

À Philipsburg, côté néerlandais, c'est notre premier vrai contact avec la population. On s'attend à une île « de riches » ; on voit surtout des gens qui vivent plutôt pauvrement, dans une ville peu entretenue. Il faut dire que l'ouragan Irma était passé par là dix-sept mois plus tôt, en septembre 2017, et que la ville était sans doute encore en reconstruction.

Maison créole colorée à Philipsburg, Saint-Martin
Une maison colorée de Philipsburg.

L'agressivité de certains chauffeurs de taxi, qui ne cherchent pourtant qu'à gagner leur vie, nous décourage presque de suivre le programme. On part à pied pour s'éloigner de la foule qui sort des deux gros bateaux à quai, mais la ville est peu intéressante, et on est à deux doigts de retourner au bateau.

C'est là qu'un fourgon taxi s'arrête et nous propose une balade pour la journée, à un tarif abordable. Banco ! On lui demande une plage pas trop loin de celle de l'aéroport : ce sera Mullet Bay. Matinée et déjeuner sur place, et rencontre avec les gros lézards locaux, les iguanes. (Le taxi à la journée, c'est d'ailleurs souvent la meilleure option en escale : on vous explique pourquoi dans notre article sur le taxi à la journée aux Caraïbes.)

Un iguane sur le sable de Mullet Bay
Un des habitants de Mullet Bay.

L'après-midi, on rejoint à pied Maho Beach pour voir décoller et atterrir les avions, juste au-dessus de nos têtes. J'avais les horaires ; sinon, ils sont affichés aux terrasses des bars ;-) On est bluffés par le spectacle… et par l'inconscience des gens massés derrière le grillage, qui se font décaper par le sable projeté par les réacteurs au décollage.

Un avion de ligne en approche, juste au-dessus de Maho Beach
À Maho Beach, les avions passent à quelques dizaines de mètres.
Panneau Danger avertissant du souffle des réacteurs à Maho Beach
Le panneau est pourtant clair…

En fin de journée, on rappelle notre taxi, qui nous ramène au bateau. La leçon du jour : ces îles fantasmées comme des paradis pour riches sont aussi peuplées de gens qui travaillent dur pour nourrir leur famille. Ici, peut-être plus qu'ailleurs, le fossé entre les riches et la population saute aux yeux.

Jour 4 : Antigua en bus local, et des fesses serrées

À Antigua, on prend les transports locaux, de vieux bus, pour rejoindre un haut lieu du colonialisme anglais : Nelson's Dockyard, à English Harbour. La population est accueillante, et visiblement intriguée de voir des touristes à bord de ses vieux bus.

Le chauffeur au chapeau orange de notre bus local à Antigua
Notre chauffeur, et son chapeau.

Les visites et les lieux sont magnifiques, en gardant en tête que c'est un vestige du colonialisme et de tout ce qu'il représente. Les paysages, eux, sont superbes.

Les piliers de pierre de Nelson's Dockyard, à Antigua, et les voiliers au fond
Les piliers de l'ancien chantier naval de Nelson's Dockyard.
Une cabine téléphonique rouge britannique à Antigua
Un petit air d'Angleterre.

Au retour, on réalise notre inconscience : compter sur la ponctualité des transports locaux, ce n'est pas très raisonnable. Nous avions pris beaucoup de marge avec l'heure du « tous à bord », mais on a serré les fesses jusqu'à voir enfin le quai avec les deux gros bateaux. (Si vous voulez éviter ces sueurs froides, lisez notre article sur le « tous à bord ».) Belle journée quand même, et piscines et jacuzzis à bord pour nous remettre de nos émotions.

Jour 5 : Saint-Vincent, sur les traces des Pirates des Caraïbes

Saint-Vincent-et-les-Grenadines, c'est l'une des rares escales où nous avions réservé une excursion à l'avance auprès d'un prestataire local : « Sur les traces des Pirates des Caraïbes ». Petite angoisse le matin : sera-t-il bien au port ? Même sans avoir rien payé d'avance, il aurait été compliqué d'en trouver un autre le jour même. Il était bien là. (Compagnie ou prestataire local ? On compare les deux dans cet article.)

Selfie de la famille devant le panneau Welcome to St Vincent and the Grenadines
Bienvenue à Saint-Vincent !

La journée commence par un petit port qui paraît typique et hors du temps… en fait construit pour le tournage du film : Wallilabou Bay. Un lieu magique, à l'ambiance indescriptible. Je n'étais pas fan des films ; je n'ai fait le lien qu'au retour, en m'empressant de les regarder !

La baie de Wallilabou, ses pontons et ses bateaux
Wallilabou Bay, décor de Pirates des Caraïbes.
Vieux canons au bord de l'eau à Wallilabou
Les canons du décor, face à la mer.

Ensuite, la forêt tropicale et les cascades de Dark View Falls. Notre chauffeur parle peu anglais, les échanges sont compliqués, mais il est serviable et sympathique. On monte dans les hauteurs pour profiter du paysage, puis on termine la journée sur une plage, un œil sur la montre pour le « tous à bord ».

La cascade de Dark View Falls, dans la forêt tropicale de Saint-Vincent
Dark View Falls, au cœur de la forêt tropicale.

La plage s'étend devant un grand complexe hôtelier inachevé. Un « rasta » d'un âge certain vient nous proposer massages et bracelets… non merci ! Il insiste, et on se retrouve à parler foot : il connaît l'équipe de France par cœur, peut-être mieux que moi ;-)

Puis il nous raconte l'histoire du complexe. D'après lui, il devait créer 200 emplois, et avait été largement financé par de l'argent public… qui aurait disparu dans les poches d'un fonds de pension américain et en pots-de-vin aux élus locaux. Impossible pour nous de vérifier, mais son amertume, elle, était bien réelle. Cet homme, c'est en fait le gardien du chantier abandonné, là pour éviter les pillages… et jamais payé pour cela. Il espère toujours qu'un jour, quelqu'un reprendra le chantier, et qu'il pourra avoir un vrai métier rémunéré.

Une barque rouge et blanche échouée sur le sable, à Saint-Vincent
La plage, en fin de journée.

On repart avec quatre bracelets, achetés à cet homme. Quelle belle rencontre. C'est ce jour-là que j'ai commencé à revoir mes attentes vis-à-vis de la croisière : rencontrer de belles personnes, et pouvoir échanger.

Jour 6 : le nord de la Martinique, entre cascades et rhum arrangé

À Fort-de-France, nous avions réservé à l'avance auprès d'un tour-opérateur local, Visio Tours Martinique. Au programme : tout le nord de l'île. On est superbement accueillis à bord d'un minibus décapotable par une charmante hôtesse et son chauffeur.

D'abord les hauteurs de la ville et leurs points de vue, puis la forêt. Entre cascades et rhum arrangé, on visite des lieux magnifiques.

Vue sur la baie de Fort-de-France depuis les hauteurs, entre fleurs et forêt
La baie de Fort-de-France, depuis les hauteurs.
Selfie de la famille devant une cascade, en Martinique
En famille, au pied d'une cascade du nord de l'île.

Arrêt à la distillerie Depaz, au pied de la montagne Pelée : tout le processus, de la canne à sucre à l'élaboration du rhum, avec dégustation et quelques emplettes à la clé.

L'entrée de la distillerie Depaz, en Martinique
La distillerie Depaz.
Fûts de rhum Depaz dans le chai
Dans le chai, les fûts de rhum.

Encore un arrêt à la plage, puis retour pour une visite de Fort-de-France, avec son fort Saint-Louis et la superbe bibliothèque Schœlcher.

La façade colorée de la bibliothèque Schœlcher, à Fort-de-France
La bibliothèque Schœlcher, à Fort-de-France.

Une journée magnifique. Tellement, qu'on leur demande de nous prévoir une visite du sud de l'île pour notre passage de la semaine suivante… Affaire à suivre !

Jour 7 : retour en Guadeloupe, marché et plages

Retour à Pointe-à-Pitre, d'où nous étions partis une semaine plus tôt. Pas d'excursion prévue : la matinée se passe à bord, au calme. Le bateau à quai est presque vide, la piscine est à nous, Mélina file au club enfants, et on en profite pour lire et ne rien faire.

Puis on descend au marché. Et là, c'est une explosion de couleurs et de senteurs : les épices en pyramides, la vanille, les fruits qu'on ne sait pas toujours nommer, les étals de poissons aux reflets rouges, jaunes et bleus. On s'en met plein les yeux et plein le nez. Petite déception quand même : beaucoup trop de stands sont tournés vers les touristes, avec les mêmes souvenirs d'un stand à l'autre, et il faut chercher un peu pour retrouver le marché des Guadeloupéens.

Étal de poissons multicolores au marché de Pointe-à-Pitre
Les poissons du marché de Pointe-à-Pitre.
Piments rouges, jaunes et verts sur un étal du marché
Une explosion de couleurs…

L'après-midi, direction les plages, en bus local. Bonne surprise : rien à voir avec Antigua, les bus sont fiables et on arrive sans stress à Saint-François, puis à Sainte-Anne. Les plages sont belles, mais pas tout à fait conformes à la carte postale qu'on a en tête : le sable n'est pas partout immaculé, l'eau pas toujours aussi turquoise que sur les brochures. Elles n'en restent pas moins très belles, et le coucher de soleil sur Sainte-Anne clôt cette première semaine en beauté.

Cocotiers penchés sur une plage de sable blanc à Saint-François
La plage de Saint-François.
Coucher de soleil sur la plage de Sainte-Anne, en Guadeloupe
Coucher de soleil à Sainte-Anne, pour finir la première semaine.

Et la suite ?

Une semaine, six escales, et déjà un regard qui change : on était partis pour des plages de carte postale, on revient surtout avec des visages et des histoires. La deuxième semaine nous réserve une escale qui tourne court, de la fièvre à bord, une île en fête, et la suite de notre « affaire à suivre » en Martinique.

👉 Lire la deuxième semaine : de Tobago à la Martinique

Et pour préparer votre propre croisière dans la région, notre guide complet des croisières aux Caraïbes est là pour vous.